[OSM-talk-fr] Priorité au terrain et plaques ou panneaux bilingues

Christian Rogel christian.rogel at club-internet.fr
Ven 11 Mai 21:43:59 UTC 2018


> Le 11 mai 2018 à 19:55, Rpnpif <rpnpif at trob.eu <mailto:rpnpif at trob.eu>> a écrit :
> 
> 
> Bien d'accord mais avec des nuances, la traduction en breton
> des noms de communes en pays gallo de Bretagne Est est très souvent
> purement fantaisiste. Dans beaucoup de ces communes, le breton n'a
> jamais été parlé (sauf en pays guérandais hors Bretagne
> administrative) et le mettre sur les panneaux est une chose qui
> fait plaisir à quelques intellos et fait partie des mesures qui
> éloignent les « gens » de l'« élite ».

La pose de panneaux n’a pas toujours de lien avec un usage de la langue. D’ailleurs, les noms officiels en Bretagne Ouest n’ont souvent qu’un faible rapport avec leur prononciation en breton.
Ainsi, Kerfeunteun, maintenant grand quartier de Quimper, se dit en breton Kerfeun, ce qui n’est écrit nulle part (sauf sur la façade d’un poissonnier).

> Je tempérerai cette opinion en disant que comme le reste de la Bretagne
> de nombreuses personnes du pays gallo tiennent à leur bretonnéité pour
> des raisons à la fois affectives et culturelles. Elles respectent le
> breton comme elles respectent la reine de France, Anne de Bretagne, une
> des icônes de leur « identité ».
> Maintenant mettre ça sur les panneaux du pays gallo n'a que très peu
> d'intérêt et est même nuisible à ceux nombreux qui ne s'y retrouvent
> pas.

Cela correspond à une demande sociale qui s’enrichit aujourd’hui d’une demande de noms en gallo.

> Par contre je soutiens la traduction en plus du français des objets
> OSM de Bretagne en Breton afin que ceux qui le veulent, vivent leur
> langue pleinement.
> 
> Je regrette simplement que le gallo ne soit pas utilisé là où il le
> devrait. Cette langue a son propre génie (et ce n'est pas du vieux
> français ou si peu, la France n'existait pas à ses origines. C'est un
> mélange de breton, français, romain et autres dont probablement du
> persan). Comme le Breton (plus ou moins celtique), c'est une langue
> d’immigrés.

C’est une vision de cases dans lesquelles les langues ne doivent pas sortir d’un territoire précis, mais, elle ne colle pas avec la réalité.

> Si on veut vraiment donner la priorité au terrain, on
> oublie les traductions des noms bretons sur les panneaux en pays de
> parler gallo pour y mettre les noms en gallo. Malheureusement, le gallo
> est essentiellement une langue orale dont très peu d'intellos ont
> formalisé l'écriture qui en tout cas n'est pas enseignée pour le bas
> peuple : il n'y a pas à ma connaissance d'école de type Diwan en gallo
> malgré sa présence à l'université (de Rennes).

Il n’existe pas de code de langue ISO 639 pour le gallo, il serait temps que les spécialistes du gallo y pensent (name = fr-x-gallo 64 occurences).
Non seulement, on ne mettra pas les noms gallos dans le name:br, mais, on y met d’abord les versions bretonnes des noms qui existaient traditionnellement depuis le Moyen-Âge (Roaz(h)on, Naoned), mais comme certains noms gallos viennent du celtique, il est aisé de reconstruire plus ou moins fidélement les formes du breton médiéval quand les 3/4 du pays gallo était brittophone.
Des noms de lieu venus du breton se voient vers Blain, Héric, Sion-les-Mines, etc.
Une nouvelle commune au Nord de Fougéres a pris le nom breton de Maen Roch (Pierre de Rocher) en hommage à ses carriers de granit.

> Je me souviens encore de l'époque au 20e siècle où l'élève qui osait
> parler un soi-disant « patois » sortait de classe avec les doigts en
> sang des coups de règles reçus de l'instituteur pour lui enlever l'envie
> de parler la langue de ses parents (comme pour les bretonnants mais 50
> ans avant). J'en ai été témoin. Malheureusement, ça a marché.
> 
> Garder la richesse patrimoniale de la Bretagne, c'est garder toute sa
> diversité.
> 
> En conclusion, oui au breton sur OSM, oui au gallo là où il a sa place,
> non au breton sur les panneaux là où il n'a rien à y faire sauf à titre
> décoratif. Donc je ne suis pas favorable à leur retranscription sur
> OSM en doublon.

Le breton a une profondeur historique qui a fait que nombreux lieux fort loin de la Bretagne ont reçu un nom en breton (Pariz = Paris, Bourdel = Bordeaux, Turgn = Tours, An Havr Nevez = Le Havre, Londres = Londrez, Boulogne = Boulongn), dont beaucoup sont à rechercher.
Comme je l’ai exliqué ici <http://www.openstreetmap.bzh/fr/2018/01/27/brezhonekaat-ar-gartenn/>, tout nom de langue romane peut être adapté/reconstruit.  Si Martigné(-Ferchaud) est noté Marzhinieg(-Fergaod), tous les Martignac et Martigny de France et de Suisse peuvent recevoir un nom en breton. Même chose pour les Fresnes, Fresnay(e), Frênay et Fraïches.

> Quand il y a une erreur sur une inscription réelle, quelle est
> l'intérêt de la noter sur OSM ? Donc pourquoi le faire pour ce sujet ?

Le sujet du post n’est pas la question d’une erreur de transcription que celle de regarder la bonne source, donc, l’autorité locale, quand celle-ci a fait mettre des panneaux.
Sinon, on prend une source fiable (office linguistique, toponymiste sérieux, habitants). Ou on propose avec comme source "proper transtation".

> Ce n'est que mon avis.
> 
> Bin le bonjour chez vous.

Nous, les OSMeurs brittophones, aideront autant que possible les gallophones à mettre du gallo dans OSM, et nous accueillerions sans réserve  une version gallaise de Plozévet ou de Roscoff.

Christian R.


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